Héritière des apports de l’alcoologie et des traitements des toxicomanies, la science encore récente de l’addictologie a permis de faire de nombreux progrès dans la compréhension des conduites de dépendance.
Elle nous indique notamment que l’usage, c’est-à-dire la manière dont sont consommés les produits psychoactifs, est tout aussi important, sinon davantage, que les effets des produits eux-mêmes. De plus, ces effets varient fortement en fonction :
des propriétés spécifiques du produit
de la dose absorbée
de la fréquence et de la durée de la consommation, ainsi que de la précocité de l’usage
des facteurs individuels des consommateurs (état physique et psychologique, histoire personnelle)
On distingue généralement trois types d’usage :
L’usage (aussi appelé "usage simple") : consommation d’un produit sans dommage immédiat, mais qui peut comporter des risques dans certaines situations (conduite, travail, rapports sexuels, etc).
L’usage nocif : des dommages physiques, psychiques et/ou sociaux sont induits par le ou les produits consommés. La personne conserve néanmoins la maîtrise de ses consommations.
La dépendance (aussi appelée "addiction") : la personne ne peut plus s’empêcher de consommer le produit, sous peine de connaître un état de manque, psychologique et/ou physique. Caractérisée par la perte de la maîtrise des consommations, sans notion de doses limites ni de fréquence de consommation. Des soins médicaux et/ou psychologiques sont fortement recommandés, parfois accompagnés d’un traitement médicamenteux (ex. : produits de substitution, médicaments psychoactifs). Après un sevrage, une personne qui a été dépendante devrait en principe rester abstinente de ce produit, sous peine d'en redevenir à nouveau dépendante.